Boké face à l’horreur : des viols sur mineurs au cœur des audiences criminelles

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LeRenifleur Judicalex Guinée 30/01/2026

Boké, les audiences criminelles se sont officiellement ouvertes ce vendredi 30 janvier au Tribunal de première instance, dans un climat marqué par la rigueur et la solennité. Au total, 15 dossiers impliquant 16 accusés sont inscrits au rôle, portant principalement sur des faits de viols, en majorité commis sur des mineurs, ainsi que des cas d’assassinat et de tentative d’assassinat.

La cérémonie d’ouverture s’est tenue dans la grande salle d’audience, en présence des autorités administratives et judiciaires, notamment le gouverneur de la région de Boké et son cabinet, des représentants de la société civile, des forces de défense et de sécurité, ainsi que de nombreuses personnalités concernées par ces affaires. Prenant la parole à cette occasion, Amadou Diallo, Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Boké, a appelé à la responsabilité collective et au respect des rôles institutionnels.

« Je voudrais inviter tous ceux qui exercent une parcelle de l’autorité de l’État à être responsables et à jouer pleinement leur rôle dans la région. Que le forgeron forge sa daba, que le tisserand tisse ses tissus, que le menuisier élabore ses lits et meubles. Que personne ne joue le rôle de l’autre », a-t-il lancé.

Le Procureur a également salué l’appui constant des autorités administratives, en particulier celui du gouverneur, ainsi que le travail de l’ensemble des acteurs judiciaires.

« Nous formons un tout indivisible. Nous avançons dans un même élan, et avec cette dynamique, nous parviendrons à bout des délinquants qui troublent la quiétude des citoyens de Boké », a-t-il affirmé.

Abordant la question sensible de la recrudescence des viols dans la localité, notamment ceux impliquant des mineurs, Amadou Diallo s’est dit profondément préoccupé.

 « La femme mérite d’être bercée, cajolée, respectée. Elle ne doit en aucun cas être violentée. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est de constater que parfois, ce sont des hommes mariés qui se livrent à ces pratiques ignobles. Une étude sociologique s’impose pour comprendre les motivations profondes de ces violeurs présumés », a-t-il déclaré.

Interrogé sur la réponse judiciaire face à ces crimes, le Procureur s’est montré ferme

« Ce sera la condamnation pure et simple, conformément au Code pénal guinéen. Une condamnation impitoyable, à la hauteur de la gravité des faits. »

Du côté de la défense, Maître Abdoulaye Keita, avocat au barreau de Guinée et commis d’office pour les accusés, a rappelé le respect des principes fondamentaux du droit.

« Notre rôle est d’assister les accusés. Sur les 15 dossiers, près de 90 % concernent des cas de viols sur mineurs. La loi est claire, notamment l’article 268 du Code pénal. Toutefois, en matière criminelle, je ne m’appuie que sur l’élément matériel. S’il existe, je plaide coupable. S’il n’existe pas, je ne peux aller au-delà », a-t-il précisé.

L’ouverture de ces audiences criminelles à Boké marque une étape cruciale dans la lutte contre l’impunité et les violences sexuelles, particulièrement celles exercées sur les mineurs.

Entre fermeté du ministère public et exigence de preuves de la défense, la justice guinéenne est attendue sur sa capacité à sanctionner sévèrement les coupables tout en garantissant un procès équitable. Pour les populations de Boké, ces audiences représentent un espoir : celui de voir restaurée la sécurité, la dignité des victimes et la confiance dans l’institution judiciaire.

 

 

Par Rahamane Mo,  depuis Boké pour Judicalex-gn.org 

 

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