Litige de Konkèkan : le procureur Amadou Diallo annonce des sanctions sévères contre les fauteurs de troubles

Actu 1

Depuis près de deux décennies, les communautés des secteurs de Kaboyé et d’Arapassy s’opposent autour de la propriété de la colline de Konkèkan, riche d’une importante plantation d’anacardiers. Si le différend est ancien, il prend chaque année une ampleur particulière à l’approche de la période de récolte, moment où les tensions se ravivent et où chaque camp réaffirme fermement ses prétentions. La situation a dégénéré le vendredi 3 avril 2026 en affrontements violents entre les deux communautés. Au cœur du litige : la colline de Konkèkan, située dans le district de Kaboyé, relevant de la sous-préfecture de Tanènè, dans la préfecture de Boké. Le bilan fait état de huit blessés, dont six gendarmes intervenus pour rétablir l’ordre public.

Face à la gravité de la situation, le gouverneur de région, le Général de 2ᵉ section El Hadj Aboubacar Diakité, a conduit une mission sur le terrain ce dimanche 5 avril 2026. Il s’est rendu dans les deux localités concernées afin d’évaluer la situation et d’appeler au calme.

Ces violences surviennent après trois jours de tentatives de médiation et de sensibilisation qui n’ont pas permis de désamorcer la crise. Visiblement irrité par l’évolution des événements, le gouverneur a exhorté les populations à s’en remettre strictement aux procédures judiciaires, mettant en garde contre toute initiative de blocage ou de perturbation, notamment des activités minières dans la zone.

Il a également rappelé les responsabilités des autorités locales en matière de sécurité, insistant sur la protection des personnes, de leurs biens ainsi que des installations des entreprises opérant dans la région.

De son côté, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Boké, Amadou Diallo, a adopté un ton sans équivoque. Il a annoncé la suspension immédiate de toute activité de cueillette de noix de cajou sur la colline de Konkèkan, et ce jusqu’à l’issue de la procédure judiciaire en cours.

Le magistrat a par ailleurs invité les deux parties à privilégier les voies légales pour faire valoir leurs droits. Il a souligné que le dossier, qu’il dit avoir hérité, a déjà fait l’objet de décisions judiciaires, du Tribunal de première instance de Boké jusqu’à la Cour d’appel de Conakry.

Regrettant que deux communautés voisines en arrivent à s’affronter pour l’exploitation de noix de cajou, alors même que l’affaire suit son cours devant la justice, le procureur a tenu à avertir que des sanctions sévères seront prises contre toute personne impliquée dans les troubles.

Cette nouvelle escalade met en lumière la persistance des conflits fonciers en milieu rural, souvent exacerbés par des enjeux économiques liés aux ressources agricoles.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à commenter !

Vous devez vous connecter pour commenter cet article.


Articles similaires