TPI de Kaloum : ouverture du procès du meurtre de Fodé Keïta, les accusés nient les faits

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LeRenifleur Judicalex Guinée 12/12/2025

Le procès des accusés Ibrahima Gassama, Alseny Camara et autres s’est ouvert ce vendredi 12 décembre 2025 devant le tribunal criminel de Kaloum. Ce groupe de sept personnes est accusé d’avoir ôté la vie à Fodé Keïta, gérant de bar. Les faits remontent au mois d’octobre 2024, dans un bar situé au quartier Sandervalia, dans la commune de Kaloum. Trois accusés  Ibrahima Gassama, Alseny Camara et Frédéric Dramou ont fait leur déposition ce vendredi devant le tribunal criminel. Tous ont plaidé non coupable des faits “d’assassinat” mis à leur charge.

Dans cette affaire, Alseny Camara a été placé sous mandat le 10 octobre 2024. Ibrahima Gassama et Frédéric Dramou sont détenus depuis le 25 octobre 2024. Les trois autres accusés Koffi Akwaba, Fatoumata Bangoura et Aboubacar Camara sont en fuite, tandis que Naby Camara comparaît libre. Ils sont soupçonnés d’avoir administré de violents coups à la tête de Fodé Keïta, entraînant sa mort sur place.

Cependant, lors de leur audition, les accusés ont tour à tour rejeté toutes les accusations.

Ibrahima Gassama a reconnu qu’une altercation avait bien eu lieu, mais il a nié toute participation à l’agression mortelle :

« Je connais Fodé Keïta. C’est mon petit, mon frère. On a grandi ensemble. Ce jour-là, Koffi m’a dit que Fodé avait volé mon sac, celui dans lequel on met les recettes du bar. Quand je suis revenu au bar vers 17 heures, j’ai vu Fodé se bagarrer avec Koffi, Alseny et sa copine Fatoumata Bangoura. J’ai vu Alseny frapper Fodé avec un raccord qu’il était allé chercher dans un garage. Moi, je n’ai rien fait. J’ai eu peur et j’ai quitté les lieux. Fodé est mort parce qu’il a reçu des coups. Il a été corrigé par la foule. Mais je n’ai demandé à personne de le frapper. Aujourd’hui, Koffi, Fatoumata et Aboubacar ont pris la fuite », a-t-il déclaré.

De son côté, Alseny Camara, mécanicien de profession, a affirmé qu’il n’était pas présent au moment des faits, tout en reconnaissant que son garage se trouvait à proximité du bar :

 

« Je ne connais rien dans cette affaire. Je ne connais pas Fodé. Je n’étais pas là pendant la bagarre. Quelqu’un est venu prendre un raccord dans mon garage pendant que je travaillais. Je suis allé le récupérer. Arrivé sur les lieux, j’ai trouvé une personne couchée entourée de 7 à 10 personnes. Ils m’ont dit que c’était un voleur qui avait été corrigé. J’ai repris mon raccord et je suis parti. Après, j’ai appris que les gens ont incendié le bar », a-t-il expliqué.

Sur la même lancée, Frédéric Dramou, élève, a lui aussi plaidé non coupable :

« Je ne connais rien dans cette affaire. Je ne connais aucun des coaccusés. Je ne connaissais pas non plus la victime. Je le voyais seulement dans le quartier. L’acte s’est passé en mon absence. »

Le père de la victime, Mamadi Keïta, a ensuite pris la parole pour relater comment il a appris la mort de son fils :

« On m’a appelé pour venir à l’hôpital Ignace Deen. J’ai trouvé mon fils allongé dans la salle d’urgence. Il saignait de partout. Il a été bastonné par des costauds. Quand j’ai vu son corps, j’ai perdu connaissance. Ils m’ont dit qu’il avait été tué à cause d’un sac contenant 300 000 francs guinéens. Gassama a reconnu les faits, dénoncé ses complices et demandé pardon. L’acteur principal, c’est Ibrahima Gassama. Je ne demande aucun centime. Je m’en remets à Dieu », a témoigné Mamadi Keïta.

Au terme de ces dépositions, le tribunal a renvoyé l’affaire au 9 janvier 2026 pour la comparution de Naby Camara et la suite des débats.

 

Sadialiou Barry

 

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