TPI de Kankan/ Dossier Gbérédou Baranama : Âgé de 88 ans, le Sotikèmo Mamby Condé maintenu en détention à Kankan

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Les audiences criminelles en cours au Tribunal de première instance (TPI) de Kankan ont été marquées par un moment de vive tension lors de l’examen du dossier relatif aux violences meurtrières de Gbérédou Baranama. À la barre, Mamby Condé, âgé de 88 ans, sotikèmo (doyen) du district de Baranama, présenté par le parquet comme l’un des principaux protagonistes des affrontements ayant opposé Gbérédou Baranama à Sannana, est apparu dans un état de grande faiblesse physique. Peinant à se déplacer et soutenu dans ses mouvements, l’octogénaire a suscité l’attention de la cour ainsi que celle du public présent à l’audience.

Face à cette situation, la défense, assurée par Me Mohamed II Kourouma, a introduit une demande de mise en liberté provisoire. L’avocat a invoqué des raisons humanitaires et sanitaires, estimant que le maintien en détention d’un homme de cet âge, dans l’attente de la poursuite du procès, posait un sérieux problème.

Cette requête a toutefois été vigoureusement contestée par le ministère public et la partie civile. Selon eux, une éventuelle remise en liberté provisoire risquerait de compromettre le bon déroulement de la procédure criminelle en cours.

S’opposant fermement à la demande, le substitut du procureur près le TPI de Kankan, Bangaly Feindouno, a rappelé que l’âge avancé de l’accusé ne constituait pas, à lui seul, un fondement juridique suffisant.

 

 

« Nous sommes en matière criminelle. La loi est claire : l’accusé renvoyé devant le tribunal criminel doit se constituer prisonnier. La mise en liberté peut être demandée à tout moment, mais seulement lorsqu’elle est fondée », a-t-il déclaré.

Le magistrat a également insisté sur l’absence de pièces médicales versées au dossier pour étayer la demande de la défense.

« Il a été soutenu que l’accusé est malade, mais aucun certificat médical ni aucun document n’a été produit pour permettre aux magistrats de se forger une conviction », a-t-il précisé, tout en rappelant que les parties civiles n’avaient pas encore été entendues dans cette affaire.

Après examen des arguments des deux parties, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté provisoire, jugeant qu’elle n’était pas suffisamment fondée, tant sur le plan juridique que médical.

À l’issue de l’audience, Me Mohamed II Kourouma a exprimé sa vive déception face à la décision rendue.

 

 

« Vous voyez un vieil homme âgé de 88 ans. Dire qu’il va rester en prison jusqu’à la date de renvoi ou jusqu’à la fin du procès est, pour nous, décourageant. C’est inacceptable », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant le caractère contraignant de la décision judiciaire.

L’affaire a été renvoyée au 23 février 2026 pour la poursuite des débats, notamment l’audition des parties civiles, dans ce dossier sensible lié aux violences de Gbérédou Baranama.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

 

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