Vie privée et liberté de la presse : les précisions du juriste Kalil Camara ce 3 avril 2026

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La protection de la vie privée demeure un principe fondamental garanti par la Constitution, constituant une limite essentielle à l’exercice de la liberté d’expression et de la liberté de la presse. Ce vendredi, le juriste Kalil Camara a tenu à rappeler les contours de cette protection, notamment face aux dérives médiatiques observées dans certains contenus diffusés. Selon lui, il y a atteinte à la vie privée dès lors qu’un organe de presse qu’il soit en ligne, radiophonique ou télévisuel divulgue des informations relatives à un litige portant sur la garde d’enfants entre deux ex-époux. Cette violation est caractérisée indépendamment du statut des personnes concernées, même si l’une d’elles est une personnalité publique.

Le juriste souligne que la jurisprudence européenne, notamment à travers l’arrêt Colombani rendu par la Cour européenne des droits de l’homme, impose aux personnalités publiques une certaine tolérance vis-à-vis des critiques. Toutefois, cette tolérance se limite strictement aux critiques liées à leurs fonctions publiques. En revanche, la juridiction de Strasbourg reste inflexible sur le respect de la vie privée, y compris pour les figures publiques.

« Chacun, même les hommes publics, a droit au respect de sa vie privée », insiste-t-il.

S’appuyant sur l’article 44 du Code civil guinéen, Kalil Camara précise que toute personne victime d’une ingérence dans sa vie privée peut saisir la justice afin de faire cesser l’atteinte et obtenir des dommages-intérêts. Un point essentiel réside dans le fait que la victime n’a pas à démontrer l’existence d’un préjudice : l’atteinte est constituée dès lors qu’il y a intrusion dans la sphère privée.

Dans ce cadre, le juge dispose d’un pouvoir souverain pour fixer le montant des réparations.

Enfin, le juriste rappelle que la notion de vie privée englobe plusieurs aspects, notamment la vie familiale, l’état de santé, les relations amoureuses et, plus largement, tout élément relevant de l’intimité d’une personne.

À travers ces précisions, il appelle les professionnels des médias à une plus grande responsabilité dans le traitement de l’information, afin de concilier le droit d’informer avec le respect des droits fondamentaux.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

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