CRIEF : « Je m’en remets au Tout-Puissant, le Miséricordieux, car nul pouvoir humain ne saurait prévaloir sur Sa justice », déclare Dr Mohamed Diané

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LeRenifleur Judicalex Guinée 24/07/2026

C’est un feuilleton judiciaire de quatre ans qui touche à sa fin. À la suite des réquisitions du ministère public, qui a demandé une peine de dix ans d’emprisonnement et une amende de 50 milliards de francs guinéens contre Dr Mohamed Diané, ancien ministre de la Défense nationale, poursuivi pour des faits présumés de « détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux », la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) lui a donné la parole pour assurer sa propre défense.

Une occasion qu’il a mise à profit pour exprimer son ressentiment face à la procédure qui l’oppose au ministère public et à l’État guinéen, lequel l’accuse d’avoir détourné 511 milliards de francs guinéens.

« L’histoire retiendra que j’ai été jugé en première instance sans avoir bénéficié de l’assistance effective d’un avocat ; que mon appel, qui aurait dû être examiné dans le délai légal de trois mois, est resté pendant plus de seize mois sans qu’aucune décision ne soit rendue ; et que tout cela est intervenu alors même que plusieurs ordonnances de mise en liberté avaient été prononcées en ma faveur, tant par les chambres d’instruction et de contrôle de la CRIEF que par la Cour de justice de la CEDEAO », a-t-il déclaré.

Loin d’être surpris par ce qu’il traverse aujourd’hui, celui que l’on surnommait « le gardien du temple » considère les faits mis à sa charge comme le résultat d’une campagne visant à salir sa réputation.

« Au terme de tout ce que j’ai traversé avant mon arrestation, puis durant plus de quatre années de détention ; après les épreuves endurées dans ma chair et dans mon esprit ; après les campagnes de dénigrement et les attaques répétées contre mon honneur, ma dignité et ma crédibilité, relayées sans relâche par certains médias et sur les réseaux sociaux, je mesure aujourd’hui l’ampleur des obstacles qui se sont dressés sur ma route, obstacles directement liés aux hautes responsabilités que j’ai exercées au service de l’État. Je n’ai donc pas été surpris d’être poursuivi et détenu dans un climat de fortes tensions politiques. Ce que je n’aurais jamais imaginé, en revanche, c’est que l’on puisse échafauder contre moi des accusations aussi inconsistantes, aussi dénuées de fondement, dans le seul dessein de salir mon image, d’atteindre ma réputation et de jeter le discrédit sur toute une vie vouée au service public », a regretté Dr Mohamed Diané.

Malgré ses ennuis judiciaires, il se dit convaincu que le droit est de son côté. C’est pourquoi il affirme faire confiance à l’indépendance des magistrats chargés du dossier pour appliquer la loi en toute impartialité.

« Mais l’histoire nous enseigne une vérité simple : rien ne dure indéfiniment. Les circonstances évoluent, les époques se succèdent, et la vérité finit toujours par émerger. Les hommes ne détiennent le pouvoir qu’un temps ; la justice, elle, est appelée à durer. Je n’ignore rien des réalités de l’autorité ni des pressions qui peuvent peser sur les institutions. Pourtant, je demeure fidèle à une conviction profonde : aucune procédure, si longue soit-elle, aucun acharnement, si tenace soit-il, ne saurait durablement triompher de la vérité. C’est pourquoi, au moment où vous allez vous retirer pour délibérer, je m’en remets à votre conscience de juges, à votre indépendance, au serment qui vous lie et à votre fidélité à la loi. Je m’en remets également à votre intime conviction, ainsi qu’aux principes fondamentaux de justice qui fondent l’État de droit. Et, enfin, je m’en remets au Tout-Puissant, le Miséricordieux, car nul pouvoir humain ne saurait prévaloir sur Sa justice. Car si les décisions de justice appartiennent à leur époque, l’Histoire, elle, demeure. Elle garde la trace des actes des hommes, de leurs choix et de leurs responsabilités », a-t-il conclu.

Il convient de rappeler que, le 18 décembre 2024, la Chambre de jugement de la CRIEF a déclaré l’ancien ministre de la Défense, Mohamed Diané, coupable de

« détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux ».

Il avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement et à une amende de cinq milliards de francs guinéens. Ses biens avaient également été saisis au profit de l’État guinéen. C’est contre cette décision qu’il a interjeté appel.

Sera-t-il condamné ou relaxé ? La réponse est attendue le 30 juillet 2026, date à laquelle la décision de la Chambre des appels sera rendue.

 

 

Par ODD, pour Judicalex-gn.org

 

 

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