Dubréka : une quinzaine de prévenus devant le tribunal pour exploitation économique de mineurs

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LeRenifleur Judicalex Guinée 05/08/2026

La campagne engagée par le parquet près le Tribunal de première instance (TPI) de Dubréka contre l’exploitation économique des enfants et leur exposition aux dangers de la rue se poursuit. Ce mardi 4 août, une quinzaine de personnes, en majorité des femmes, ont comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre de faits liés à l’exploitation de mineurs.

Parmi les prévenus figure Marie Lamah, poursuivie pour avoir envoyé son fils de 15 ans, Nestor Lamah, vendre des feuilles de patate dans les rues. De son côté, Eliza Kalivogui, 23 ans, coiffeuse de profession, est accusée d’avoir fait vendre des œufs par sa sœur Koé Kalivogui, âgée de 17 ans.

Fatoumata Fofana, née en 1994 à Forécariah et résidant à Kenendé, est également poursuivie pour avoir contraint sa fille de 14 ans à vendre de l’eau dans la rue. Abdoulaye Sow, boucher à Néguéya, père de dix enfants et né en 1969 à Kindia, est quant à lui mis en cause pour avoir fait transporter des seaux d’eau par deux de ses enfants âgés de 10 et 8 ans.

Marie Nikavogui, née en 1999 à Macenta et domiciliée à Tanènè, est poursuivie pour avoir exploité économiquement son frère de 15 ans, Alphonse Nikavogui. Djenabou Soumah, vendeuse d’attiéké résidant à Néguéya, est accusée d’avoir envoyé sa fille de 14 ans vendre de l’eau, tandis que Mabinty Camara, marchande installée à Bondabon, est poursuivie pour avoir fait transporter des bagages par sa fille M’Mah Sylla.

Cette liste est loin d’être exhaustive. Au total, quinze prévenus étaient appelés à comparaître. Tous ont reconnu les faits qui leur sont reprochés et ont promis de ne plus exposer leurs enfants ou proches mineurs à ce type d’activités.

Dans ses réquisitions, le substitut du procureur, Cécé Roger Kolié, a insisté sur les multiples risques auxquels sont confrontés les enfants livrés à eux-mêmes dans les rues, notamment les enlèvements, les accidents de la circulation, les violences sexuelles et diverses formes d’exploitation.

Prenant en compte les aveux, les regrets exprimés par les prévenus ainsi que leur situation personnelle, le ministère public a requis une peine de trois mois d’emprisonnement avec sursis à leur encontre.

À l’issue des débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le jugement est attendu le 11 août 2026.

 

Par Rahamane Mo ; pour Judicalex-gn.org

 

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