Maison d’arrêt de Siguiri : le procureur Dominique Loua s’explique sur le surpeuplement et les accusations de racket

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LeRenifleur Judicalex Guinée 28/08/2026

La situation de la maison d’arrêt de Siguiri continue d’alimenter les débats et les interrogations au sein de l’opinion publique. Entre surpeuplement carcéral, difficultés liées aux infrastructures et accusations de racket visant certains acteurs autour du centre de détention, les préoccupations se multiplient. Face à ces différentes questions, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Siguiri, Dominique Loua, au micro de nos confrères de mediaguinée, a apporté des précisions sur la situation.

Le magistrat reconnaît d’emblée l’existence d’un important problème de surpeuplement au sein de la maison d’arrêt. Selon lui, l’établissement, conçu à l’origine pour accueillir un nombre limité de détenus, fonctionne aujourd’hui au-delà de sa capacité initiale.

« La maison d’arrêt de Siguiri, c’est une maison d’arrêt comme les autres. Il y a un surpeuplement là-bas. C’était construit pour un certain nombre de détenus, mais avec le temps, on est largement au-delà de ça », a expliqué Dominique Loua.

Cette situation aurait notamment conduit les autorités judiciaires à solliciter l’installation d’un PA afin de contribuer à la gestion des difficultés rencontrées au niveau de l’établissement pénitentiaire. Le procureur évoque également certaines insuffisances sur le plan des infrastructures, notamment au niveau des sanitaires.

« C’est ce qui fait que nous avons sollicité l’installation d’un PA. Nous avons des petits problèmes au niveau des sanitaires, sinon, tout va bien », a-t-il ajouté.

L’autre sujet évoqué concerne les accusations de racket qui seraient exercées à l’intérieur ou aux abords de la maison d’arrêt. Sur ce point, le procureur de la République se veut catégorique : de telles pratiques sont contraires à la loi et ne sauraient être tolérées par les autorités judiciaires.

« Le racket, d’abord, c’est une chose interdite par la loi. Si nous sommes au cœur de cette pratique, nous ne pouvons pas l’admettre », a déclaré Dominique Loua.

Le magistrat invite toutefois les personnes qui auraient été victimes de tels agissements à saisir directement les autorités compétentes. Il assure que des mesures pourront être prises dès lors que les faits sont portés officiellement à la connaissance de la justice.

« Si un citoyen a été victime de racket, qu’il vienne nous informer. Tout ce que nous faisons, nous le faisons au nom du peuple. Si le peuple est abusé par nos agents qui sont là-bas, il suffit de nous informer et nous allons prendre des dispositions idoines pour que cela soit corrigé », a-t-il assuré.

À travers cette intervention, le parquet de Siguiri encourage ainsi les citoyens à dénoncer tout abus ou toute pratique illégale dont ils seraient victimes, plutôt que de recourir à des actions individuelles ou à des formes de représailles.

Cette position s’inscrit dans la continuité des précédentes interventions publiques de Dominique Loua sur les questions liées à la sécurité, à l’ordre public et au respect des procédures judiciaires.

En janvier 2026, le procureur avait notamment exhorté les populations à saisir les autorités compétentes en cas de différend ou de difficulté, plutôt que de recourir à des manifestations spontanées ou à la violence. Il avait également appelé les citoyens à faire confiance à la justice.

Pour le magistrat, la justice doit demeurer un recours accessible à tous, sans distinction. Les populations sont donc invitées à signaler les éventuels abus, injustices ou actes de racket aux autorités habilitées afin que les responsabilités puissent être établies et que les mesures prévues par la loi soient appliquées.

Cette démarche rejoint également les appels régulièrement lancés par le parquet de Siguiri en faveur d’une collaboration plus étroite entre les populations et les institutions chargées de faire respecter la loi.

Lors de l’inauguration du commissariat urbain de Doko, Dominique Loua avait déjà invité les citoyens à travailler avec les forces de sécurité et à signaler les personnes impliquées dans des actes criminels. Au-delà des difficultés spécifiques liées à la maison d’arrêt, le parquet entend ainsi inscrire la gestion des questions pénitentiaires et judiciaires dans une logique de responsabilité collective.

Si le surpeuplement constitue un défi majeur pour l’administration pénitentiaire, la prévention et la lutte contre les abus et les pratiques de racket nécessitent également l’implication de l’ensemble des acteurs concernés : détenus, familles, avocats, agents pénitentiaires, forces de sécurité, magistrats et autres intervenants de la chaîne pénale.

À Siguiri, le message du parquet se veut donc clair : face aux difficultés et aux éventuels abus, le recours à la justice et aux mécanismes légaux demeure, selon le procureur, la voie à privilégier pour faire valoir ses droits et contribuer à l’amélioration du fonctionnement des institutions.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

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