Détournement présumé de plusieurs camions à Conakry : les auteurs présumés plaident non coupable au TPI de Kaloum

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LeRenifleur Judicalex Guinée 06/07/2026

Les prévenus Oumar Rafiou Diallo et Rassana Traoré ont été traduits en justice pour répondre respectivement des faits d'abus de confiance et de recel. Ils sont poursuivis par le transitaire Karamba Diallo, partie civile dans cette procédure. Ce dernier leur reproche d'avoir détourné, à son préjudice, 13 camions sans son consentement.

Leur procès s'est ouvert ce lundi 6 juillet 2026 devant le tribunal de première instance de Kaloum. À la barre, les deux prévenus ont plaidé non coupable des faits mis à leur charge.

Dans sa déposition, le prévenu Oumar Rafiou Diallo, qui croupit à la maison centrale de Conakry depuis le 12 juin 2024, a tout d'abord dénoncé la durée de sa détention préventive.

« Je voudrais tout d'abord dénoncer ma détention préventive prolongée. J'ai passé deux ans et cinq mois en détention sans être jugé. C'est aujourd'hui qu'on m'a fait comparaître. Cela est contraire à la loi », a déploré le prévenu.

Revenant sur les faits qui lui sont reprochés, il a une nouvelle fois plaidé non coupable.

« Pour l'abus de confiance, je ne reconnais pas les faits. Il s'agit de la vente de deux camions. Cette vente ne pouvait pas se faire sans le consentement de Karamba. C'est impossible ! Il a donné son accord. Il m'a demandé de vendre ces camions. Il était à Conakry, mais il ne venait plus au bureau à cette période. Il avait beaucoup de problèmes, notamment des difficultés de financement et des problèmes à la douane. Le prix a été fixé au bureau. C'est lui-même qui l'a fixé à 120 millions de francs guinéens. J'ai vendu les deux camions. J'ai utilisé une partie de cette somme et le reste a été versé sur le compte bancaire de Karamba Diallo », a-t-il déclaré.

De son côté, le second prévenu, Rassana Traoré, qui comparaît libre, a également plaidé non coupable des faits de recel mis à sa charge. Ce laborantin de profession a expliqué au tribunal les circonstances dans lesquelles il a acheté les deux camions.

« C'est un électricien qui m'a mis en contact avec Rafiou Diallo. Au cours de la transaction, il m'a indiqué qu'il était le représentant de l'entreprise. Lors de notre première rencontre, j'ai précisé que je n'achèterais pas les camions sans les documents. J'ai exigé qu'ils me soient présentés. Le lendemain, il m'a remis tous les documents que j'avais demandés et j'ai finalement acheté les camions. Le premier camion a été acheté à 80 millions de francs guinéens et le second à 40 millions. Nous avons discuté, trouvé un accord et je me suis engagé. Le prix reflétait la valeur des camions. J'ai acheté ces véhicules parce qu'il m'avait affirmé agir au nom de l'entreprise. S'il m'avait dit que les camions ne lui appartenaient pas, je ne me serais jamais engagé », a-t-il expliqué.

Pour sa part, le plaignant Karamba Diallo, transitaire de profession, a soutenu que Rafiou Diallo a profité de ses ennuis judiciaires pour vendre les biens de son entreprise.

Il a précisé au tribunal qu'il ne s'agit pas de deux camions, mais de 13 véhicules. Il soutient mordicus n'avoir jamais donné l'ordre à qui que ce soit de vendre ses camions.

« J'ai porté plainte pour vol, abus de confiance et recel. J'ai eu des problèmes avec la justice. Mon bureau a été fermé par l'Agent judiciaire de l'État. Par la suite, j'ai constaté que mon entreprise avait été mise à sac et que les biens avaient disparu. Je sollicite du tribunal un transport judiciaire afin de constater les dégâts sur le terrain. Ils ont vendu mon parc automobile. Ils ont vendu mes 13 camions. Jusqu'à ce jour, je n'ai autorisé aucune vente. Je n'ai jamais donné instruction à Rafiou de vendre mes camions. Je n'ai jamais donné l'ordre à qui que ce soit de revendre mes 13 camions. Jamais ! », a insisté le plaignant devant la présidente du tribunal, Aïssatou Sacko.

Par la suite, la partie civile a réitéré sa demande de transport judiciaire afin de permettre au tribunal de constater l'ampleur des dégâts.

La défense a estimé que cette demande était inopportune, au motif qu'« il s'agit d'une affaire d'abus de confiance ».

À l'issue des débats, le tribunal a ordonné la comparution de l'électricien cité dans le dossier, autorisé le transport judiciaire et renvoyé l'affaire au 13 juillet 2026 pour la poursuite des débats.

 

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

 

 

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