Détournement présumé à l’hôpital Jean-Paul II : deux témoins cités entendus par la CRIEF

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LeRenifleur Judicalex Guinée 08/06/2026

Le procès du directeur général de l’hôpital Jean-Paul II de Taouyah, Soriba Soumah, s’est poursuivi ce lundi 8 juin 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Il est poursuivi dans cette procédure aux côtés de l’ancien agent comptable du centre, Mohamed Sangaré, actuellement en fuite, ainsi que de Ismaël Traoré, entrepreneur de profession. Les trois hommes sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, enrichissement illicite et complicité.

L’État guinéen, représenté par l’Agent judiciaire de l’État (AJE), s’est constitué partie civile dans cette procédure.

L’audience de ce jour a été consacrée à l’audition de plusieurs témoins, parmi lesquels le médecin-chef du centre, Dr Mandian Camara, et le chargé du matériel de l’hôpital, Ibrahima Barry.

Les faits reprochés aux trois prévenus portent sur la gestion d’un montant de plus de 12 milliards 400 millions de francs guinéens, alloué à l’hôpital Jean-Paul II pour l’acquisition d’équipements médicaux et de médicaments. La présente procédure judiciaire a été engagée à la suite d’une dénonciation effectuée par le responsable du Service administratif et financier de l’hôpital, Namandjan Doumbouya.

Dans sa déposition, le médecin-chef Mandian Camara a affirmé ne pas avoir été associé au contrat relatif à l’acquisition des équipements. Il reconnaît toutefois avoir exprimé certains besoins du service, sans jamais avoir été impliqué dans la procédure.

« Je ne sais pas comment ce contrat a été conclu. J’ai seulement exprimé les besoins du service, mais je n’ai pas été associé au processus. J’ai même été victime dans cette affaire, puisque j’ai été révoqué de mes fonctions de médecin-chef. Le directeur m’avait demandé de maintenir à la pharmacie deux jeunes qui n’avaient même pas le brevet. Ils s’étaient arrêtés en 8e année. Comme j’ai refusé, il m’a relevé de mes fonctions », a-t-il déclaré.

De son côté, Ibrahima Barry, comptable de profession et chargé du matériel à l’hôpital, est revenu sur le contrat d’acquisition des équipements. Il a expliqué à la Cour avoir mené des investigations après avoir constaté la disparition d’un groupe électrogène de l’enceinte de l’établissement.

« Le groupe électrogène qui se trouvait dans le centre tombait régulièrement en panne. Il a ensuite été remplacé. J’ai constaté sa disparition et, après enquête, on m’a indiqué que Mohamed Sangaré l’avait emporté pour le faire réparer. J’en ai informé mon supérieur hiérarchique. C’est tout. Je n’ai jamais vu le contrat de fourniture du matériel médical », a-t-il indiqué.

Pour obtenir des précisions sur le sort de ce groupe électrogène, la Cour a demandé au prévenu Soriba Soumah où celui-ci se trouvait actuellement. En réponse, ce dernier a déclaré ne pas connaître sa localisation actuelle.

« Ce groupe électrogène avait été offert par les Indiens en 2014. Ils l’ont remis en ma présence alors que j’étais directeur général adjoint. Mais il tombait fréquemment en panne et était déjà vétuste. Aujourd’hui, je ne sais pas où il se trouve », a-t-il expliqué.

Au terme de ces différentes dépositions, la défense a sollicité auprès de la Cour la mise en liberté de Soriba Soumah.

Après plusieurs échanges entre les parties, la Cour a rejeté cette demande et renvoyé l’affaire au 15 juin 2026 pour l’ouverture de la phase des réquisitions et des plaidoiries.

 

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

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