Doumbouya annonce la fin de l’exportation de l’or brut : L’or guinéen sera fondu, certifié et valorisé en Guinée »

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LeRenifleur Judicalex Guinée 21/06/2026

Le Président de la République,  Mamadi Doumbouya, a dévoilé une réforme majeure du secteur aurifère guinéen lors d’une rencontre avec les responsables des sociétés minières spécialisées dans l’exploitation de l’or. Au cœur de cette nouvelle orientation stratégique figure l’interdiction prochaine de l’exportation de l’or brut ainsi que l’obligation de raffiner toute la production nationale sur le territoire guinéen avant son expédition vers les marchés internationaux.

Face aux opérateurs du secteur, le Chef de l’État a présenté cette mesure comme un choix souverain visant à mettre fin à la faible valorisation des ressources naturelles du pays et à renforcer les bases de l’industrialisation nationale.

« Je suis venu vous dire une vérité. Pas pour vous consulter, pas pour négocier, mais pour vous dire une vérité d’État, celle que le peuple guinéen attend depuis longtemps et que mon serment m’oblige à tenir. Lorsque nous avons pris nos responsabilités à la tête de ce pays, avec mes frères d’armes, nous avons pris un engagement solennel devant le peuple de Guinée : celui de mettre fin au paradoxe qui veut qu’un pays immensément riche continue de voir sa population vivre dans la pauvreté malgré l’abondance de ses ressources naturelles », a déclaré  Mamadi Doumbouya.

Le Président a ensuite dressé un constat sévère du modèle économique qui a prévalu durant plusieurs décennies dans le secteur minier, estimant que la Guinée ne bénéficie que d’une faible part de la richesse générée par son or.

« Pendant des décennies, la Guinée a figuré parmi les terres les plus riches du continent africain. Pourtant, elle est restée confrontée à la pauvreté. Ce paradoxe n’est pas une fatalité ; c’est une injustice. Chaque jour, notre or quitte le sous-sol guinéen à l’état brut. Il est transporté vers des raffineries étrangères où il est transformé, certifié et valorisé. Pendant ce temps, la Guinée ne perçoit qu’une partie infime de la richesse créée. D’autres captent la valeur ajoutée, d’autres créent les emplois et développent leurs économies grâce à nos ressources. Cette situation ne peut plus durer », a-t-il martelé.

Dans cette dynamique, le Chef de l’État a annoncé la mise en service imminente de la raffinerie Nimba Gold Refinery, une infrastructure présentée comme un levier essentiel pour la transformation locale de l’or et le développement industriel du pays.

« Nous avons construit en Guinée une raffinerie moderne qui sera opérationnelle dans les prochains jours. Cette infrastructure marque le début d’une nouvelle ère. La Guinée ne se contentera plus d’être un simple fournisseur de matières premières destinées aux usines du reste du monde. Désormais, l’or extrait de notre sous-sol sera transformé ici, sur notre territoire. L’or guinéen sera fondu en Guinée, certifié en Guinée et valorisé en Guinée avant son exportation vers les marchés internationaux », a annoncé le Chef de l’État.

Le message adressé aux sociétés minières a été sans équivoque. Le Président de la République a averti que toute exportation d’or non raffiné sera désormais proscrite et que des sanctions strictes seront appliquées en cas de non-respect de cette orientation.

« Je veux que cela soit parfaitement compris par tous les acteurs du secteur. À partir de maintenant, tout l’or produit dans les mines guinéennes devra être raffiné à Conakry avant son exportation. L’exportation de l’or brut sera formellement et définitivement interdite. Tout opérateur qui violera cette orientation stratégique s’exposera à des sanctions sévères. Les agréments pourront être suspendus, les conventions minières remises en cause et les contrevenants répondront de leurs actes devant la justice guinéenne. Il n’y aura ni exception, ni négociation, ni retour en arrière », a-t-il prévenu.

Tout en réaffirmant la souveraineté économique de la Guinée, Mamadi Doumbouya a tenu à rassurer les investisseurs étrangers sur la volonté du pays de maintenir un climat favorable aux partenariats respectueux des intérêts nationaux.

« Je ne suis pas contre l’investissement étranger. La Guinée a besoin de partenaires sérieux, engagés et respectueux de ses intérêts stratégiques. Regardez les projets que nous développons aujourd’hui, notamment à Simandou, à Boffa et à Boké. Ce pays est en train de changer profondément. Mais ce changement doit profiter avant tout aux Guinéens. Une conscience nationale éveillée ne se négocie pas à la table des intérêts particuliers », a insisté le Président.

Selon le Chef de l’État, cette réforme constitue l’une des pierres angulaires du programme Simandou 2040, conçu comme un vaste projet de transformation économique et industrielle du pays.

« Ce que nous décidons aujourd’hui porte un nom : l’industrialisation irréversible de la République de Guinée. Irréversible parce que nos enfants hériteront de cette conquête comme d’un droit acquis et non comme d’une faveur. Irréversible parce que Simandou 2040 n’est pas un programme parmi d’autres ; c’est le pacte que nous avons conclu avec le peuple guinéen pour transformer durablement la place de notre pays dans l’économie mondiale. Le monde doit comprendre que l’Afrique ne se contentera plus d’exporter sa pauvreté sous forme de richesses brutes », a-t-il déclaré.

En conclusion de son intervention, le Président de la République a replacé cette réforme dans une perspective sociale, estimant que les richesses minières doivent contribuer directement à l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment dans les zones d’exploitation.

« La femme de Siguiri mérite que l’or extrait de sa terre contribue à construire des écoles, des hôpitaux et des routes en Guinée. Le jeune de Kouroussa mérite un emploi dans une usine guinéenne plutôt que de regarder passer des camions chargés de richesses qui ne changent rien à son quotidien. Le peuple de Guinée mérite de voir sa richesse rester sur sa terre et participer à son développement. C’est l’engagement que j’ai pris devant la Nation et que je compte honorer avec détermination », a conclu le Président de la République.

Une nouvelle étape dans la valorisation des ressources nationales

À travers cette décision, les autorités guinéennes entendent renforcer la transformation locale de l’or, développer l’industrie nationale et accroître les retombées économiques du secteur minier. En imposant le raffinage sur le territoire avant toute exportation, le gouvernement affiche sa volonté de capter davantage de valeur ajoutée, de créer des emplois qualifiés et de faire des ressources naturelles un véritable moteur de développement. Cette réforme marque ainsi un tournant majeur dans la stratégie économique de la Guinée et pourrait redéfinir durablement l’avenir de son industrie aurifère.

 

 

Par Rahamane Mo,  pour Judicalex-gn.org 

 

 

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