Fraude à l'examen : un professeur de physique, un étudiant et un élève jugés et condamnés au TPI de Kaloum

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LeRenifleur Judicalex Guinée 29/07/2026

Les prévenus Morciré Soumah, professeur de physique, Naby Yaya Touré, étudiant, et l'élève Algassimou Bah, tous poursuivis pour fraude à l'examen, sont désormais fixés sur leur sort. Incarcérés à la Maison centrale de Conakry depuis le 7 juillet 2026, ils ont été reconnus coupables des faits mis à leur charge par le tribunal correctionnel de Kaloum. Ce mercredi 29 juillet 2026, ils ont été condamnés chacun à un an d'emprisonnement avec sursis et au paiement d'une amende de 2 500 000 francs guinéens.( Image d'illustration)

Les trois prévenus étaient poursuivis pour avoir participé à une fraude à l'examen d'entrée en 7ᵉ année par le biais de l'application WhatsApp.

Au cours de leurs différentes dépositions devant le juge audiencier Mamadou Saliou Diallo, ils ont reconnu, sans ambages, les faits qui leur étaient reprochés.

À la barre, Morciré Soumah a plaidé coupable et expliqué les circonstances de son interpellation.

« J'appartiens à un groupe WhatsApp appelé Bon Prof. À la veille de l'examen d'entrée en 7ᵉ année, j'ai reçu le sujet corrigé d'histoire et je l'ai envoyé à l'une de mes sœurs, élève, dans ce groupe WhatsApp. Il s'agissait d'une proposition de sujet. C'est dans ce cadre que j'ai été arrêté », a-t-il expliqué.

Le prévenu Naby Yaya Touré a, pour sa part, indiqué que son ami Algassimou Bah lui avait envoyé le sujet via Facebook, avant qu'il ne le partage à son tour.

« J'ai vu le sujet sur ma page Facebook. C'est Algassimou qui me l'a envoyé. J'étais à Dalaba. J'ai ensuite partagé le sujet dans un groupe WhatsApp. Le lendemain, j'ai été interpellé par les agents de la gendarmerie nationale de Dalaba, avant d'être transféré à Conakry », a-t-il déclaré.

Dans le même sens, Algassimou Bah, élève résidant à Coyah, a reconnu avoir partagé le sujet corrigé à plusieurs personnes.

« C'est dans le groupe WhatsApp Bac 100 % que j'ai reçu le sujet corrigé et je l'ai partagé. Personne ne m'a demandé de le faire et je n'avais aucun intérêt à en tirer », a-t-il affirmé.

Au terme des débats, le ministère public, représenté par Almamy Sékou Camara, a estimé que les prévenus s'étaient livrés à des actes de sabotage. Il a requis leur condamnation à un an d'emprisonnement avec sursis ainsi qu'au paiement d'une amende de 2 500 000 francs guinéens chacun.

« Le fait qu'ils reconnaissent les faits sans ambages démontre qu'ils n'ont pas été interpellés à tort. Nous estimons qu'il s'agit d'une forme de sabotage. Ils ne sont pas candidats et ne sont donc pas concernés par cet examen. Pendant que les autres se concentraient sur leurs études pour réussir, eux cherchaient à aider des candidats à obtenir leur admission en classe supérieure par des moyens frauduleux. Le ministère public requiert qu'ils soient déclarés coupables des faits de fraude à l'examen mis à leur charge. Pour la répression, nous demandons leur condamnation à un an d'emprisonnement avec sursis et au paiement d'une amende de 2 500 000 francs guinéens chacun », a requis le parquet.

La défense, quant à elle, a plaidé coupable et sollicité la clémence du tribunal.

« Ils ont reconnu les faits sans ambages et ont pleinement collaboré à la manifestation de la vérité. C'est la première fois qu'ils se livrent à de telles pratiques. Nous vous demandons de les condamner au temps déjà passé en détention. À défaut, nous sollicitons une peine assortie d'un sursis simple », a plaidé Me Ousmane Mansaré.

Rendant sa décision sur-le-champ, le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public. Les trois prévenus ont finalement été condamnés à un an d'emprisonnement avec sursis et au paiement d'une amende de 2 500 000 francs guinéens chacun.

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicaalex-gn.org

 

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