TPI de Kaloum : Seydouba Soumah et Ibrahima Camara jugés pour « tentative de trouble à l'ordre public »

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LeRenifleur Judicalex Guinée 09/09/2026

Seydouba Soumah et Ibrahima Camara sont traduits en justice pour répondre des faits de « tentative de trouble à l'ordre public ». On leur reproche d'avoir tenu à Conakry, dans un taxi, des propos malveillants susceptibles de troubler l'ordre public. Leur procès s'est ouvert ce mercredi 9 septembre 2026 devant le tribunal de première instance de Kaloum, où ils ont plaidé non coupables des faits mis à leur charge.

Ces deux prévenus ont été interpellés à la suite de propos qu'ils auraient tenus dans un taxi. Des propos faisant allusion à « un affrontement en Guinée », qu'ils auraient échangés dans un taxi. Ils ont été mis aux arrêts et placés sous mandat le 1er septembre 2026. Leur procès s'est ouvert ce mercredi au tribunal de première instance de Kaloum.

Mohamed Sidibé, gendarme de profession, qui était dans le taxi avec l'un des prévenus, a expliqué au tribunal la genèse de cette procédure.

« C'était aux environs de 19 heures. Nous étions au nombre de six personnes dans le taxi. Un véhicule Mazda de couleur bleue. Seydouba Soumah était assis à côté du chauffeur. Le chauffeur a dit : “Préparez-vous hein ! Moi, j'ai un grand qui travaille à BATA, il m'a dit qu'il y aura un affrontement entre le mois d'octobre et novembre.” Quand le chauffeur a dit ça, Seydouba Soumah a dit que lui aussi, il avait appris ça. Il a dit que c'est pourquoi il cherchait de l'argent pour envoyer à sa maman qui est en Côte d'Ivoire afin qu'elle puisse acheter à manger. Ils ont échangé ces propos dans le véhicule. Et comme je suis gendarme, je me suis dit que si je laissais cette affaire passer comme ça, j'aurais failli à mes obligations. Parce que cela concerne l'État, ça concerne la sécurité de la population. Arrivé à Lansanayah Barrage, j'ai appelé un gendarme et on a interpellé Seydouba Soumah, tandis que le chauffeur a pris la fuite », a-t-il expliqué.

Cependant, Seydouba Soumah plaide non coupable. Il dit ne jamais avoir tenu ces propos. Il a fait savoir au tribunal que, dans leur conversation, c'est le chauffeur qui lui a dit que le Premier ministre Bah Oury avait fait une sortie au cours de laquelle il avait demandé aux gens de « serrer la ceinture ».

« Quand il a dit ça, moi j'ai dit que je n'avais pas entendu ça. Je n'ai pas appris cela. Et dès qu'on est arrivé à Lansanayah, on m'a mis aux arrêts », a-t-il dit.

Le second prévenu, Ibrahima Camara, dit ne pas comprendre pourquoi il a été arrêté.

« Je ne sais pas pourquoi je suis là. Je ne me trouvais pas dans le véhicule. Quand ils m'ont interpellé, ils ont dit que c'était pour des fins d'enquête. Ils m'ont envoyé à la Villa 36 à Kaloum. Mais jusqu'à présent, je ne sais pas pourquoi je suis là », a-t-il dit.

Ainsi, le ministère public, représenté par Issouf Fofana, a estimé que les propos tenus dans le véhicule sont sensibles « dans la mesure où ça concerne la sécurité des citoyens guinéens ».

Vu la « complexité » de ce dossier, le procureur a demandé au tribunal de saisir un cabinet d'instruction et d'ouvrir une information judiciaire sur cette affaire.

« Les propos ont été tenus dans un véhicule personnel qui faisait le taxi clandestin. Dans ce véhicule, le chauffeur a dit : entre le mois d'octobre et novembre, il y aura un affrontement. L'autre a rétorqué que lui-même, il a appris ça.

Cela veut dire que c'est une affaire complexe. Il y a nécessité de rechercher son grand qui est au niveau du BATA. Nous allons interroger les caméras installées au niveau du carrefour Lansanayah Barrage pour voir si on peut identifier ce véhicule Mazda de couleur bleue afin d'arrêter le chauffeur. Le chauffeur et son grand doivent être interpellés. Nous vous demandons d'ouvrir une information judiciaire pour approfondir cette enquête. Nous vous demandons également de maintenir en détention le prévenu Seydouba Soumah et de libérer Ibrahima Camara », a sollicité le procureur Issouf Fofana.

Finalement, le tribunal a accordé une liberté « provisoire » à Ibrahima Camara avant de renvoyer l'affaire au 16 septembre 2026, pour aborder la phase des réquisitions et plaidoiries.

 

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

 

 

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