Procès de l’imam Abdoul Karim Touré : le tribunal reporte les réquisitions au 15 octobre et rejette la demande de liberté provisoire

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LeRenifleur Judicalex Guinée 01/08/2026

Le procès de l’imam et chroniqueur islamique Abdoul Karim Touré s’est poursuivi ce vendredi 31 juillet 2026 devant le tribunal criminel de première instance de Kaloum. Alors que l’audience devait être consacrée aux réquisitions du ministère public et aux plaidoiries des avocats, le parquet a sollicité un renvoi afin de mieux préparer son argumentaire. Le tribunal a accédé à cette requête et fixé la prochaine audience au 15 octobre 2026.

Poursuivi pour des faits présumés de terrorisme, de menaces de mort, d’injures publiques, de diffamation ainsi que d’atteinte à l’intégrité et à la dignité des personnes par le biais d’un système informatique, Abdoul Karim Touré est placé en détention depuis juin 2026.

Au cours de son interrogatoire, l’accusé a fermement contesté l’ensemble des charges retenues contre lui. Il a nié toute affiliation à un groupe terroriste et affirmé avoir toujours condamné le terrorisme. « Je n’ai jamais adhéré à une association de terroristes. Je ne suis pas terroriste, je n’aime pas les terroristes, je suis contre les terroristes », a-t-il déclaré, expliquant avoir, par le passé, dialogué avec des groupes extrémistes en Mauritanie pour leur rappeler que « les musulmans ne sont pas des terroristes ». Il a également assuré n’avoir « jamais insulté » ni « jamais menacé » qui que ce soit.

Interrogé sur les propos qu’il aurait tenus dans une vidéo au sujet du masque Nimba et du Kakilambé, l’imam est resté catégorique. Selon lui, ces objets sont des idoles dont un musulman ne doit pas faire l’éloge. Il a ajouté que ses déclarations s’appuyaient sur les enseignements de Dieu et du prophète Mohamed (PSL), et non sur des opinions personnelles.

À l’ouverture des débats, le ministère public a demandé le report de l’audience afin de disposer de plus de temps pour préparer ses réquisitions. De son côté, la défense, assurée par Me Amadou Oury Diallo, a sollicité la mise en liberté provisoire de son client.

Le parquet s’est opposé à cette requête, estimant que l’accusé représente un danger pour la société.

« L’accusé est très dangereux. Il menace d’exterminer des gens qu’il qualifie de kafr. Donc, mettre l’accusé en liberté va lui permettre de mettre ses menaces à exécution », a soutenu le représentant du ministère public.

Après avoir entendu les observations des différentes parties, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté provisoire. L’affaire a été renvoyée au 15 octobre 2026, date à laquelle sont attendues les réquisitions du parquet ainsi que les plaidoiries de la défense.

 

Par Rahamane Mo,  pour Judicalex-gn.org 

 

 

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