Protection de l’enfance en Guinée : Inspection inédite et rappel à la loi dans les orphelinats de Conakry

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LeRenifleur Judicalex Guinée 07/09/2026

Dans le cadre du suivi des conditions de prise en charge des mineurs vulnérables, le Procureur Spécial près le Tribunal pour Enfants de Conakry, Dr. Cé Avis Gamy, a mené une tournée d’inspection inédite dans plusieurs orphelinats et centres d’accueil de la capitale et de sa périphérie. Accompagnée par la Brigade spéciale de protection des personnes vulnérables (BSPPV) et l’Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs (OPROGEM), la délégation s’est rendue dans plusieurs établissements clés :

Hakuna Matata (Dabompa)

Fondation Joseph Guilavogui (Bentourayah, Coyah)

Les Précieux Soleils (Sonfonia Gare)

Centre des sans-abris et orphelins de Guinée - CASOG (Yattayah Fossedet)

Coalition Nationale des Albinos de Guinée – CNAG  (Sangoyah)

Cette démarche visait à évaluer le quotidien des pensionnaires, vérifier la conformité légale des admissions et identifier les besoins nécessitant un appui institutionnel. Le magistrat s’est dit globalement satisfait du dévouement des encadrants, tout en soulignant la précarité financière de ces structures tournant presque exclusivement sur fonds propres.

 

 

« Le constat est satisfaisant [...] Mais au-delà de ça, on a constaté également qu’il y a un problème de moyens à tous les niveaux. Ce qui veut dire que les gens ont besoin de l’assistance de l’État », a déclaré Dr. Cé Avis Gamy, appelant le ministère de la Famille et de la Solidarité à intervenir.

 

 

Le Procureur Spécial a fermement rappelé les exigences légales : toute structure doit détenir un agrément et chaque admission exige une ordonnance de placement délivrée par le président du Tribunal pour Enfants.

« C’est important parce que ça les couvre, ça les protège et ce qu’ils font doit être fait conformément à la loi », a-t-il précisé en invitant les centres à régulariser promptement leur situation.

 

 

Les responsables de centres, à l'image de Laurence Rouyer (orphelinat Hakuna Matata, 90 enfants) et de Kadouno Fara Vincent (Fondation Joseph Guilavogui, 26 enfants), ont salué une initiative historique tout en exposant leurs urgences : santé, alimentation, scolarité et factures.

 

 

De son côté, Joseph Papus Tounkara, président de la Coordination des Orphelinats de Guinée (29 structures répertoriées), y voit une opportunité de mieux structurer le secteur et réitère son appel à un soutien financier et technique durable de l'État.

 

 

Entre mise en conformité légale et appel au secours financier, cette inspection du Tribunal pour Enfants trace la feuille de route d'une meilleure gouvernance de l'action sociale. La régularisation des procédures est désormais lancée, mais le succès de cette réforme reposera sur la capacité de l'État à débloquer les moyens indispensables à la prise en charge de ces mineurs.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

 

 

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